Uncategorized

La concentration « indécente » de la richesse dans le monde

Huit personnes sur la planète détiennent autant de richesse que la moitié la plus pauvre de la population mondiale, une situation « indécente » qui « exacerbe les inégalités », dénonce l’ONG britannique Oxfam dans un rapport publié en amont du World Economic Forum (WEF) qui s’ouvre mardi à Davos. « Il est indécent que tant de richesses soit concentrée dans les mains d’une si infime minorité, quand on sait qu’une personne sur dix dans le monde vit avec moins de 2 dollars par jour », affirme la porte-parole d’Oxfam France Manon Aubry, citée dans le communiqué. Ce rapport, intitulé « Une économie au service des 99% », dévoile « comment les grandes entreprises et les individus les plus riches exacerbent les inégalités, en exploitant un système économique défaillant, en éludant l’impôt, en réduisant les salaires et en maximisant les revenus des actionnaires ». Selon l’ONG, à ce rythme, le premier « super-milliardaire » du monde « pourrait voir son patrimoine dépasser le millier de milliards de dollars dans 25 ans à peine ». Pour dépenser cette somme, il faudrait « débourser un million de dollars par jour pendant 2.738 ans », souligne-t-elle. Oxfam, qui a pris l’habitude d’attirer l’attention sur les inégalités croissantes à l’occasion du WEF, qui se tiendra jusqu’à samedi à Davos, dénonce « la pression qui s’exerce sur les salaires partout dans le monde », ainsi que les allègements fiscaux dont bénéficient les entreprises ou encore le recours aux paradis fiscaux.  « Les entreprises optimisent leurs bénéfices, notamment en allégeant le plus possible leur charge fiscale, privant ainsi les Etats des ressources essentielles pour financer les politiques et les services nécessaires pour réduire les inégalités », souligne le rapport. L’ONG, qui s’appuie sur de « nouvelles données plus précises sur la répartition de la richesse dans le monde », appelle les gouvernements à réagir et à se tourner vers une économie plus centrée sur l’humain. « Quand les responsables politiques arrêteront d’être obsédés par le PIB et se focaliseront sur l’intérêt de l’ensemble de leurs citoyens, et non seulement d’une élite, un avenir meilleur sera possible pour toutes et tous », assure Mme Aubry.  La France n’échappe pas aux critiques d’Oxfam. Selon l’étude, 21 milliardaires possédaient autant que les 40% les plus pauvres de la population française en 2016. L’an dernier, Oxfam avait déjà dénoncé que le patrimoine cumulé des 1% les plus riches du monde avait dépassé en 2015 celui des 99% restants avec un an d’avance sur les prévisions.

Activités

Témoignage – vol en fouga

J’ai fait pas mal d’expériences inédites, j’en ai fait un paquet ces dernières années, mais aucune d’aussi démente que celle-là. Il y a quelques jours, en effet, j’ai découvert ce qu’on éprouvait dans le cockpit d’un avion de chasse. Ca s’est passé à Aix, et a été vraiment intense ! Au début, ça a commencé très doucement. Le jour J, je suis allé à l’aéroport où j’ai fait la connaissance de Eric, mon pilote et instructeur, qui m’a fait un briefing sur le plan de vol. Je suis ensuite allé aux vestiaires passer ma combinaison de vol, prendre mon casque-micro, et gagner le tarmac où m’attendait un appareil au design bizarre, le Fouga Magister. L’avion ne ressemblait pas vraiment à un avion de chasse, mais avait bien la fougue de ce dernier, comme j’allais m’en rendre compte par la suite ! Je me suis installé sur le siège arrière, et quelques minutes plus tard, on était parés à décoller. Comment vous expliquer ce qu’on ressent quand je me suis retrouvé face à la piste, prêt à décoller. Il y a à la fois de la frousse et de l’excitation. Un peu ce qu’on peut ressentir à bord d’un wagon de montagnes russes, quand il monte tout doucement avant de se lancer. On se demande brusquement ce qu’on fait ici. Pourtant, au début, il n’y a pas de quoi en faire des histoires. J’ai été presque déçu. Le décollage n’avait rien d’un départ sur les starting blocks. Mais ce n’était que le temps de rejoindre la zone acrobatique. Quelques minutes plus tard a commencé les acrobaties aériennes, c’est devenu véritablement dément. Quand on a pris le premier break, j’ai compris que ça allait être intensif. Direct 5G dans la face. Je pesais 6 fois mon poids normal ! Et ce n’était qu’une introduction. Les figures se sont enchaînées les unes après les autres, de manière infernale. Ca n’a duré longtemps, mais lorsqu’on a pris le chemin du retour, j’étais trempé de sueur. Au final, j’ai adoré ça ! Si j’en avais l’occasion, je recommencerais sans hésiter un seul instant. En tout cas, je ne suis pas près d’oublier ce vol en Fouga Magister.

Uncategorized

Au frais

News

Senior à 45 ans

« Jusqu’à 35 ans, ça allait, j’arrivais à trouver des contrats sans problème, ou au moins de l’intérim. Mais après 40 ans, il y a eu comme une barrière, c’était comme si j’avais franchi une ligne invisible », se souvient Christelle Sausset, secrétaire de 48 ans et demandeuse d’emploi. Avec onze autres chômeurs, elle participait mi-décembre, au sein de son Pôle emploi à Orléans (Loiret), à un atelier radio, portant précisément sur le chômage des « seniors ». Les seniors, à Pôle emploi, ce sont les personnes de plus de 45 ans et qui sont « parmi les plus dures à caser », malgré des CV souvent riches de compétences et d’expériences. Des CV, Christelle jure en avoir envoyé « un gros tas ». Sans son âge. Avec toutes ses références, elle a obtenu un grand nombre d’entretiens d’embauche. Mais, au final, « c’était toujours non. Sans qu’on me dise vraiment pourquoi », soupire-t-elle. Sauf la fois où l’on a osé lui dire qu’on préférerait comme secrétaire « quelqu’un de plus agréable à regarder ». Alors la confiance en soi, dans ces moments-là, difficile de la garder. Surtout avec l’isolement dans lequel certains disent être peu à peu tombés, d’échec en échec. « Même les proches vous demandent : “Ah, t’as toujours rien trouvé ?” Et sous-entendu, ils veulent dire : “Est-ce que t’as vraiment bien cherché ?” » A Orléans, le 6 décembre 2016, des demandeures d’emploi « seniors » participent à un atelier de radio organisé par Pôle Emploi.Durant l’émission coordonnée par l’association C’est comme à la radio, d’autres seniors déclinent leur CV : « Je m’appelle Driss, j’ai 20 ans, plus 30 ans d’expérience », lance l’un d’eux. Driss Khabir, 50 ans donc, ancien vendeur chez Auchan, s’étonne de se voir déjà qualifié de « senior » : « Sérieux, senior après 45 ans, c’est fou ! Moi, si j’étais employeur et que je voyais un super CV, je ne me poserais pas la question, je prendrais la personne. Je pense que je peux apporter beaucoup à une boîte, apprendre les ficelles aux jeunes. En fait, les meilleurs, ce sont les seniors. »

News

La voiture autonome et la mobilité des séniors

Dans de nombreux domaines  musique, vidéo, presse , le numérique a conduit les utilisateurs à abandonner la possession matérielle pour le simple usage du service. Un même mouvement est à l’oeuvre dans le secteur des mobilités, où Le constructeur californien Tesla Motors a lancé en juin 2012 sa Model S. Ce véhicule haut de gamme électrique se caractérise par sa technologie avec des systèmes intégrés utilisant des données issues de quatre modules diérents : une caméra, un radar, des capteurs à ultrason et un GPS. Ces systèmes complémentaires produisent des données en temps réel sur la flotte Tesla, en vue d’en améliorer le fonctionnement au fil du temps. La Model S est équipée du pilotage automatique qui permet de maintenir le cap sur une voie, de changer de voie en activant simplement un clignotant et de moduler la vitesse grâce au régulateur de vitesse dynamique. Le contrôle numérique du moteur, des freins et du volant contribue à éviter les collisions frontales et latérales, tout en empêchant les sorties de route. Tesla poursuit l’amélioration des fonctionnalités de son logiciel et les propose via des mises à jour à distance. La Model S est commercialisée à partir de 71 760 euros hors bonus. se multiplient les services d’autopartage, de voitures de tourisme avec chaueur ou de covoiturage. Alors qu’il a augmenté régulièrement de 1980 jusqu’en 2011, passant de 70,8 % à 83,5 %, le taux de ménages motorisés en France s’est infléchi et décroît depuis lors pour se situer à 82,8 % en 2014. Pour le véhicule autonome, au-delà du fait qu’il devra cohabiter avec la voiture traditionnelle le temps de la transition, deux scénarios sont envisageables. D’une part, un modèle fondé sur l’usage partagé et les services, où le véhicule devient purement utilitaire : la banalisation du matériel permet d’optimiser les coûts et de créer des flottes de véhicules qui s’apparentent à des taxis automatisés, voire aux transports en commun en cas de mutualisation des trajets9. D’autre part, un prolongement du modèle automobile actuel, donc fondé sur la possession, mais intégrant de multiples services de confort, de divertissement ou d’ordre professionnel, pour combler la disparition de la conduite. Dicile de dire quel scénario prévaudra : les coûts additionnels des équipements nécessaires à l’autonomisation du véhicule, qui paraissent prohibitifs aujourd’hui, devraient cependant diminuer fortement avec leur industrialisation et s’amortir sur davantage d’utilisateurs si l’usage partagé se généralise. Source: les plus belles voitures.

News

Le pass sénior pour voyager

InterRail va permettre aux seniors d’explorer l’Europe encore plus facilement en lançant de nouveaux passes ferroviaires conçus spécialement pour ces voyageurs dans le cadre de l’innovant Senior Rail Travel Project [Projet de voyage ferroviaire pour les seniors] de la Commission européenne. Celui-ci vise à améliorer choix, pertinence, disponibilité et accessibilité des forfaits de vacances pour les résidents européens seniors. Les forfaits InterRail Tours utilisent le populaire Pass InterRail, un billet de train unique permettant des voyages ferroviaires illimités jusque dans 30 pays européens. « Plus de 90 pour cent des seniors interrogés considèrent l’Europe comme une destination de vacances attrayante ou très attrayante, mais il manquait des forfaits touristiques pertinents répondant à leurs besoins particuliers », explique Silvia Görlach, Directeur marketing et ventes pour Eurail Group GIE. « InterRail Tours a été conçu pour éliminer les obstacles communs au voyage pour les seniors, leur offrant hébergement de qualité situé à proximité des gares, réservations de places libres, et assistance continue tout au long du processus de réservation, les clients peuvent donc profiter de vacances européennes idéales via un forfait ferroviaire unique et pratique », indique Mme Görlach. Des services supplémentaires sont fournis, comme transferts en taxi et visites de ville guidées. Il existe actuellement 15 InterRail Tours, à choisir selon ses besoins et intérêts personnels. « Avec des forfaits destinations incluant la Normandie et Avignon en France, Florence et Riomaggiore en Italie et Cordoue et Bilbao en Espagne ; que vous soyez un mordu d’histoire, un fan de gastronomie, ou un amateur de plein air, il y a un tour InterRail pour vous », ajoute Mme Görlach. Conçu pour les voyageurs de plus de 60 ans à l’esprit plus indépendant, le nouveau Pass Premium Interrail pour l’Espagne ou l’Italie sera disponible à partir du 16 février 2016 via http://www.interrail.eu/premium-pass. Ses détenteurs peuvent effectuer gratuitement leurs réservations de train, et il offre des bonus tout au long du parcours comme des réductions sur les transferts et un guide de destinations mobile Tripwolf.

Hôtels News

Des résidences de réception de séniors

Le groupe AEGIDE, leader national des Résidences Services Seniors, (60 résidences en exploitation – 200 millions d’€ de CA – 1500 salariés) annonce la vente en bloc de sa future résidence DOMITYS de Metz au groupe AEW Europe, pour le compte de l’ERAFP (Établissement de Retraite Additionnelle de la Fonction Publique). Cette vente s’inscrit dans la stratégie commerciale du groupe, initiée en 2013, de vendre à terme, 50% de ses résidences aux investisseurs institutionnels. La résidence de Metz est la huitième résidence DOMITYS vendue à des investisseurs institutionnels depuis trois ans. AEGIDE assurera la mission de maîtrise d’ouvrage de cette résidence, dont l’ouverture est prévue en fin d’année 2018 et en confiera l’exploitation à sa filiale DOMITYS. Cette résidence idéalement située, proche du centre Pompidou, va s’intégrer dans un projet urbanistique d’envergure, qui prévoit notamment la construction d’un centre commercial de 37 000m² sur lequel s’appuiera la construction de la résidence. Développée sur plus de 7 000 m², la résidence DOMITYS comptera 152 appartements et près de 1000 m2 d’espaces de convivialité : restaurant, piscine, salle de sport, salon de beauté, etc. En 2016, le groupe AEGIDE aura commercialisé plus de 1000 lots aux investisseurs institutionnels. En parallèle, le groupe AEGIDE poursuit la commercialisation de ses résidences DOMITYS aux investisseurs particuliers, avec plus de 1200 lots commercialisés sur l’année. « L’accélération des ventes en bloc de résidences DOMITYS confirme l’intérêt grandissant des investisseurs institutionnels pour cette nouvelle classe d’actifs prometteuse, capable de satisfaire les objectifs d’investissement des institutionnels comme des particuliers » explique Arnaud FETY (Chartered Surveyor – FRICS), Responsable Grands Comptes et Institutionnels du groupe.

Destination

Des Séniors traversent la Suisse

La semaine dernière, j’ai réalisé un voyage de groupe en Suisse – à travers tout le pays. Cela peut surprendre ceux qui me connaissent, mais ce voyage était en fait à des années-lumière d’un voyage de groupe comme on l’imagine le plus souvent. Il ne s’agissait pas d’un groupe d’une cinquantaine de personnes voyageant dans un bus deux étages, et suivant le panache blanc d’un guide à chaque visite. Pour que je supporte un tel voyage, il faudrait en fait me payer (et cher !). Si je me suis laissé séduire par cette formule, c’est que celle-ci était un peu plus exclusive : nous formions un petit groupe de six personnes, et si les déplacements se faisaient effectivement ensemble en minibus, chacun était libre de jouer les électrons libres dès la descente du bus. Cette liberté de mouvement nous a convaincus, ma femme et moi, de nous lancer, et je dois dire que nous n’avons pas regretté : en fait, on peut même dire que ma douce et moi avons adoré ! Pour la première fois depuis bien des années, nous n’avons pas eu à nous soucier de la logistique. Nous n’avons pas eu à stresser pour tout ce qui concernait l’organisation : les déplacements, l’hôtel, ou les visites de sites. Nous avons en outre profité de chaque visite de notre côté, sans avoir le sentiment d’étouffer du fait de la présence du groupe. Je n’ai du coup été ennuyé à aucun moment par la cohabitation. Et quand nous avons dû effectuer certaines activités tous ensemble (car oui, il y en avait tout de même quelques-unes), cela s’est au contraire très bien passé (peut-être justement parce qu’on savait qu’on n’allait pas devoir vivre tout le temps ensemble). Après, je ne dis pas que c’était idyllique non plus. Il y avait notamment dans le groupe une mère et sa fille dont les propos étaient rien moins que racistes, et je crois que mon épouse a sérieusement été tentée plus d’une fois de les bâillonner. Mais c’est somme toute le seul inconvénient de ce séjour : tout le reste s’est très bien passé. Bref, les voyages de groupe ne sont pas forcément un chemin de croix, comme je l’ai longtemps pensé. D’ailleurs, si vous êtes intéressé par le voyage de groupe en Suisse ou ailleurs), je vous mets en lien l’agence qui s’en est occupé. J’ai beaucoup apprécié leur connaissance du terrain et leur réactivité de tous les instants. Suivez le lien pour en savoir plus sur ce voyage en Suisse.

News

Séniors et clandestins

Les services spécialisés de la Direction de la police aux frontières (DCPAF) ont démantelé un important réseau d’immigration clandestine piloté depuis une école de commerce parisienne. Près de soixante policiers en civil de l’Office central pour la répression de l’immigration irrégulière et de l’emploi des étrangers sans titre (Ocriest), ont procédé, ce lundi, à quatorze perquisitions simultanées à Paris, en banlieue et en Ardèche rapporte le Figaro. Objectif de l’opération préparée depuis près d’un an : démanteler un des plus importants réseaux d’immigration chinoise clandestine. Au centre de la filière, une école de commerce du XVème arrondissement de Paris. L’établissement délivrait simplement de faux dossiers d’inscription afin de recruter de jeunes chinois candidats à l’exil. En échange de sommes comprises entre 2800 et 4200 euros, ces derniers pouvaient acquérir le statut d’« étudiant », et ainsi obtenir des titres de séjour pour une durée allant de un à trois ans. Depuis 2013, entre 500 et 1000 chinois, essentiellement des hommes d’une vingtaine d’années, auraient pu s’installer en France grâce à cette filière. Le directeur de l’école, chef présumé du réseau, encourt jusqu’à sept ans de prison.

News

Sénior – dans la tête

Nous venons de chercher dans la conscience le premier élément dynamique nécessaire à la liberté, si elle existe: l’action motrice distincte de la passion, le vouloir et le mouvoir distinct du pâtir: un second élément serait la puissance, supérieure à l’acte particulier, où elle ne s’épuiserait pas. Si nous avions conscience de notre liberté, nous devrions avoir conscience a priori, avant de faire une chose et en la faisant, de notre pouvoir de la faire. Il est même beaucoup de psychologues qui ajoutent le pouvoir de ne pas la faire; mais c’est là une question qu’il n’est pas temps encore d’examiner. Le simple pouvoir de faire est déjà matière à des discussions d’une extrême difficulté et dans lesquelles nous devons successivement entendre le pour et le contre. Avons-nous une autre conscience que celle de nos états présents? «La conscience, répond Stuart Mill, m’apprend ce que je fais ou ce que je sens, non ce dont je suis capable.» Ceux, au contraire, qui admettent une conscience de la puissance répliquent:—Comment distinguer ce que je fais de ce que je sens ou subis, si je vois seulement la chose faite, l’état de choses réalisé, sans aucun lien avec une puissance dont il dérive? Est mien ce que je puis, ce dont je suis la condition suffisante et immédiate; même pour savoir que je fais une chose, ne faut-il point savoir que je la puis? Est étranger à moi, passif pour moi, ce dont je vois en moi l’actuelle réalité sans en voir en moi la puissance, ce que je ne puis pas réaliser et qui pourtant se réalise.—Mill objecte alors qu’on a seulement conscience du réel;—on lui répond que la puissance active est elle-même une réalité, un pouvoir réel, un pouvoir qui est, mais qui n’est encore que pouvoir. Stuart Mill ajoute qu’il est contradictoire de dire:—J’ai présentement conscience de ce qui n’est pas présentement, de ce qui sera: «La conscience n’est pas prophétique; nous avons conscience de ce qui est, non de ce qui sera ou de ce qui peut être.»—A quoi on réplique:—Vous raisonnez comme si «J’ai conscience de ce que je puis» signifiait «J’ai conscience du fait même que je puis accomplir et qui cependant n’existe pas;» mais nous, partisans de la puissance, nous accordons fort bien qu’on n’a pas conscience de ce qui sera comme d’une chose déjà présente; selon nous, on n’en a pas moins conscience de ce qui actuellement nous autorise à dire qu’une chose sera ou peut être: il faut bien qu’il y ait dans la conscience présente quelque chose qui nous permette de concevoir l’avenir.—Cette chose, répond Stuart Mill, est une simple conclusion du passé: «Nous ne savons jamais que nous sommes capables de faire une chose qu’après l’avoir faite, ou qu’après avoir fait quelque chose d’égal ou de semblable.»—Oui, réplique-t-on de nouveau, quand il s’agit d’exécuter ce que nous avons voulu. La possibilité de cette exécution, en effet, n’ayant point pour condition unique la volonté, est subordonnée à une hypothèse: nous supposons que les conditions sont égales et semblables, comme notre volonté elle-même est égale et semblable; et alors, tout étant semblable, nous affirmons semblablement. Quand, par exemple, je me crois capable de mouvoir mon bras, je sais que ma volonté, première condition, demeure la même, et je suppose que toutes les autres conditions sont les mêmes aussi, d’où je conclus le même résultat, à savoir le même mouvement que d’ordinaire. Mais ces déductions ou inductions semblent présupposer toujours l’idée de possibilité, dont elles ne sont qu’une extension au dehors. Nos jugements sur les choses qui peuvent être, sont toujours dérivés et détournés; le jugement je puis est la véritable origine de toutes les idées de possibilité. Telle est la thèse des partisans de la puissance active, qui s’inspirent plus ou moins de la métaphysique péripatéticienne et leibnizienne. Écoutons jusqu’au bout leurs spéculations.—Quand je déclare, disent-ils, que je puis quelque chose, je ne suis pas, assurément, dans un état d’inaction, car, si je n’agissais pas, je ne jugerais point que je puis; et d’ailleurs ce jugement est déjà lui-même une action; mais, d’autre part, la détermination présente n’est pas la seule chose que j’affirme, puisque alors il n’y aurait aucune différence entre «je puis» et «je fais,» entre «je puis être dans tel état» et «je suis dans tel état.» Si «je puis» n’est pas adéquat à ce qui est, il l’est encore moins à ce qui n’est pas. «Je puis faire une chose» n’a point simplement ce sens: «je ne la fais pas»; car, si vous analysez cette dernière proposition, vous n’en déduirez jamais la proposition suivante: «je puis faire la chose que je ne fais pas». «Je puis» affirme un lien entre ce qui est et ce qui n’est pas; il faut donc que, dans ce que je suis, soit contenu d’une certaine manière ce que je ne suis pas. Or, ce que je ne suis pas n’est point contenu dans ce que je suis comme fait, comme état, comme sensation ou sentiment, comme action; car alors tout serait déjà sous tous les rapports, le changement ne serait qu’une apparence et pas même une apparence, puisque l’apparence est encore un changement. Nous retomberions ainsi dans l’éléatisme, fondé sur ce principe qu’il n’y a point de milieu entre ce qui est et ce qui n’est pas. Dire que tout est fait ou état actuel, que tout se résout en sensations ou sentiments présents, c’est revenir sans le savoir à l’antique doctrine des Eléates et des Mégariques, auxquels Aristote répondait: «Si tout existe en fait et en acte, lorsque je suis assis, je ne puis me lever; lorsque je suis levé, je ne puis m’asseoir.» Il doit donc y avoir un moyen terme entre ce que le positivisme appelle les faits qui sont et les faits qui ne sont pas, c’est-à-dire les faits qui ne sont pas des faits; ce moyen terme semble supérieur aux faits; il coexiste avec le premier et avec le second, mais il dépasse le premier et le second. Quand je me détermine à m’asseoir, cette détermination n’épuise pas mon pouvoir déterminant; voilà pourquoi je dis que je puis me déterminer à être debout. Ce pouvoir n’est pas une abstraction ni un extrait; c’est lui plutôt qui extrait de lui-même telle ou telle manifestation particulière. Si «je puis» n’était qu’une abstraction, la vérité des choses serait tout entière dans «je suis ceci et je ne suis pas cela»; entre les deux, plus d’intermédiaire. Le pouvoir a donc sa réalité; mais cette réalité n’est pas du même genre que celle des faits. Le fait est tout entier dans ce qu’il est présentement, il est soumis à cette loi d’exclusion qui fait que les parties du temps sont en dehors les unes des autres comme celles de l’espace. Un fait ne peut empiéter sur le passé ou sur l’avenir; il est enfermé dans des bornes précises ou fixes, et pour lui point de milieu entre demeurer tel qu’il est ou cesser d’être: y a-t-il le moindre changement, ce n’est plus le même fait, ce n’est plus le même état. Sa définition, dirait Platon, ne renferme que le même, et non point l’autre. Le fait d’être assis, par exemple, étant purement et simplement ce qu’il est, tout son être est épuisé dans ce qu’il est; il y a équation entre ce qu’il est et ce qu’il peut être. Mais cette équation ne saurait exister en toutes choses sans réduire toutes choses à l’inertie et à l’immutabilité absolue. Nous sommes ainsi amenés à la conception d’un pouvoir qui est réel en lui-même, non pas seulement dans ses effets et ses manifestations. Selon le phénoménisme de M. Taine, une chose est réelle quand toutes les conditions sont données; elle est simplement possible quand «toutes les conditions, moins une, sont données». Mais le même philosophe dit ailleurs que l’absence d’une condition entraîne l’impossibilité, puisque la chose ne se produira jamais en l’absence de la condition finale. Par là se trouvent identifiés, ce semble, le possible et l’impossible. C’est ce qui doit arriver quand on n’admet que des faits sans aucune puissance qui les relie. De deux choses l’une: ou bien un fait n’est rien de plus que l’ensemble des conditions données, ou il est quelque chose de plus. Dans la première hypothèse, si toutes les conditions de toutes choses sont données, tous les faits sont déjà, et aucun changement n’aura lieu; si toutes les conditions ne sont pas données, rien n’est, et rien ne sera; car l’existence des choses aurait besoin de certaines conditions qui ne sont pas données dans cette totalité des conditions en dehors de laquelle il n’y a rien. Il faut donc passer à la seconde hypothèse, et dire que les conditions présentes suffisent pour amener les faits absents; dès lors, les faits sont autre chose que l’ensemble de leurs conditions; en d’autres termes, l’ensemble des faits actuels renferme les faits à venir en tant que possibilités et non en tant que faits. Il faut par conséquent admettre autre chose que de simples faits; il faut admettre dans la condition du réel un principe de différence qui fait que, sans cesser d’être elle-même, elle donne naissance à autre chose qu’elle. Qu’on appelle comme on voudra cette «particularité», cette chose qui, par elle-même, fait exister une autre chose, c’est là ce que nous entendons par puissance active. Vous êtes donc obligés d’admettre à la racine des choses un lien entre ce qui est et ce qui n’est pas, un principe d’union grâce auquel ce qui est peut donner ce qui n’est pas. C’est dans la conscience de notre activité que nous croyons, nous, trouver le type de ce pouvoir qui dépasse ses états présents par ses états possibles, de ce dynamisme supérieur au mécanisme qu’il anime. Les idées de possibilité, de condition, de raison suffisante, ne sont à nos yeux que les expressions indirectes et neutres d’un sentiment vif et d’une idée toute personnelle à son origine. Substituer à cette conscience du moi des notions abstraites, c’est laisser la proie pour l’ombre; la possibilité n’est, en définitive, qu’une puissance.